Nous voila donc de retour cette semaine pour un nouvel aperçu de l’industrie cinématographique américaine (ou tout du moins new-yorkaise). En ce moment, le petit monde du cinéma et de la télévision sont en pleine effervescence ; en effet, c’est maintenant que les majors hollywoodiennes se préparent à sortir leur grand jeu pour la fin de l’année en vue des nominations aux Oscars et aux Golden Globes (à ce sujet, voir les sites oscar.com et goldenglobes respectivement).

D’autre part, le monde du petit écran s’agite de son côté : la rentrée est la saison où les nouvelles séries débutent, et les anciennes reprennent du service (avec, en général, des nouveaux cachets pour leurs stars). Comme je vous le disais la semaine dernière, une des séries qui fait couler beaucoup d’encre (et de pixels) ces jours-ci est K Street. Cette série a pour but de filmer la vie quotidienne des stars de la politique en plaine campagne, avec les politiciens eux-mêmes dans leur propre rôle. C’est plutôt bien foutu (normal, le premier épisode était réalisé par Steven Soderbergh himself), quoi qu’il faut avoir une connaissance solide de la scène politique américaine pour suivre. En réalité, l’intérêt de cette série réside en ce qu’elle dévoile du rapport plus qu’ambigu qui lie médias et politique. Une série comme celle-ci, où la limite entre réalité et fiction, divertissement et propagande est plus que ténue, est considérée comme tout à fait normale par les téléspectateurs américains. Vous imaginez l’équivalent hexagonal avec Chirac et De Villepin jouant leur propre rôle ?

Ceci montre bien la différence de perception entre les deux pays ; aux Etats-Unis, politique et entertainment sont souvent la même chose, au point où on ne sait plus très bien qui, de Washington ou Hollywood, courtise le plus les spectateurs.

Cette tendance, inaugurée par le plus que cinégénique John Kennedy, a vraiment explosé pendant les années Clinton. Les chaînes de télé se sont rendu compte que leur audimat chéri était plus intéressé par le feuilleton de leur président que par un quelconque soap-opera. Dès lors, on ne compte plus les séries, reportages, reality-shows et autres qui se font un plaisir de mettre en valeur (ou de parodier) l’actualité gouvernementale. Et je ne parlerais même pas de la candidature d’Arnold Schwarzenneger pour le poste de gouverneur de Californie…

Du côté du grand écran, les choses sont encore assez calmes avant, comme je le disais, la tempête des films à Oscars. La saison estivale s’est terminée lors du Labor Day weekend (1e septembre), avec comme grands gagnants au box-office :

Finding Nemo

Pirates of the Caribbean: The Curse of the Black Pearl

Matrix Reloaded

A leurs côtés, nombre de films ont obtenu leur pédigré officiel de blockbuster, à savoir plus de 100 millions de dollars de recettes. Ici, tout se compte en rentrées financières, et non en nombre de spectateurs.

Toutefois, la méthode française est peut-être plus juste, car ces millions de dollars amassés ne signifient pas obligatoirement un succès ; entre la spirale infernale des budgets hollywoodiens, les pourcentages versés aux stars (80 millions à Johnny Depp pour Pirates !), les recettes des exploitants (en moyenne 50% des entrées) et les coûts des campagnes marketing, les studios sont souvent obligés de se serrer la ceinture (enfin, se passer de leur jet privé pour aller faire les courses) en attendant le prochain Titanic pour les remettre à flot (sans jeu de mots).

Ceci expliquant cela, le prix d’un billet avoisine les 10 dollars.

Et il est inutile de compter sur l’équivalent de la carte Gaumont ou UGC, ou même sur une quelconque réduction étudiante ; ici, il faut être riche pour être cinéphile. Ce qui ne m’a pas empêché d’aller voir Lost-in-Translation de Sofia Coppola et Once Upon a Time in Mexico de Robert Rodriguez, deux joyaux dont je vous parlerais la semaine prochaine.

See you later…

P.S : N’hésitez pas à envoyer vos commentaires, corrections, suggestions et questions à tdx

 

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