New York, Brooklyn, le 15 octobre 2003 :
Par TDX,
mercredi 15 octobre 2003 à 16:07 -
Snapshots : Cinema made in New York,USA par TDX
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_Quatrième épisode : Tarantino sort Kill Bill après six ans d’attente pour remettre les pendules à l’heure__
Petit changement de cap pour cette semaine, avec une critique de film.
Je sais, je sais, il n’y a rien que je déteste plus que ces pseudos critiques internet qui donnent leur avis sur un film.
Mais voila, Kill Bill est sorti cette semaine à New York, et, vu qu’il ne sort pas tout de suite en France, je me suis dit que vous seriez peut-être intéressé de savoir à quoi ça ressemble, et la réaction du public américain face au film.
Site officiel du film : Kill Bill
Tout d’abord, pour replacer les choses dans leur contexte, il faut savoir que Kill Bill fait partie de cette race à part de films, les event movies. Il s’agit là de films-événements, et, même si ces derniers commencent à faire partie de notre culture hexagonale, ici ils font pratiquement office de religion, tant l’attente est grande pour ces quelques films par an que tout le monde doit avoir vu. N’oublions pas aussi, que, les budgets promotionnels étant quelque peu plus élevés ici qu’en France, les américains subissent un véritable raz-de-marée médiatique les mois précédant la sortie d’un film comme Kill Bill. Ajoutez-y le fait que Tarantino, auteur culte par excellence, n’a rien fait depuis six ans, et vous aurez une idée de l’hystérie collective qui accompagne la sortie de ce film.
Alors, me direz-vous, cette attente est-elle justifiée ? La réponse, à mon humble avis, et oui et non (je sais, c’est facile comme réponse). Oui, car Kill Bill est indéniablement un film de Tarantino, il porte sa patte unique en tous ses plans, sa construction, sa symbolique. Oui, car le cinéaste parvient une fois de plus à surprendre et innover, ce qui n’est pas aussi évident, vu le nombre de metteurs en scène qui l’ont copié, et vu qu’il s’appuie ici sur le genre ô combien usé du film d’arts martiaux. Oui enfin, car Kill Bill parvient, comme souvent chez Tarantino, à brasser un nombre incalculable de genres, d’idées et de modes narratifs, pour au final créer une œuvre à part, qui repose sur des bases qui lui sont propres, et qui, n’en doutons pas, seront reprises par plusieurs films dans les années à venir.
Dans ce cas, en quoi tiennent les ‘non’? Disons juste que, devant un tel étalage de génie (n’ayons pas peur des mots), on pardonne moins facilement certaines faiblesses. La plus importante tient à la longueur ; au départ, Kill Bill était prévu comme un seul film, mais, Tarantino étant la poule aux œufs d’or chez Miramax, les producteurs (les frères Weinstein) l’ont laissé sortir son opus en deux parties. Toutefois, ce qui fait sens commercialement, ne vaut pas pour autant artistiquement. Ainsi le film est vraiment, vraiment long, et on a la nette impression que certaines scènes auraient du rester dans le chutier. Et puis il y a également le problème du scénario : ce film n’en a presque pas. D’accord, le cinéaste essaye d’émuler les films d’action asiatiques, qui ne sont pas réputés pour leur finesse dramaturgique ou leurs dialogues. Mais en appliquant ces recettes à l’échelle hollywoodienne, avec ce qu’elle comporte de gros budget, de stars et de qualité visuelle, le film crée une disparité entre ses moyens de production et ses ambitions artistiques.
Dans tous les cas, ces quelques défauts ne semblent pas gêner la carrière commerciale de Kill Bill, qui a engrangé 22 millions de dollars le premier week-end, ce qui plutôt bien pour un film interdit aux moins de 17 ans. Reste à savoir si autant de spectateurs vont se ruer pour voir le second volet en février, mais, vu la cote de sympathie dont Tarantino bénéficie auprès du public, il a peu de souci à se faire.
See you later…
P.S :N’hésitez pas à envoyer vos commentaires, corrections, suggestions et questions à tdx
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