Combien d'acteurs ont étendu leurs talents, leur savoir-faire, leur curiosité, leur envie ou, tout simplement, leur caprice, au domaine de la réalisation ?
Par Davy - cine-directors.net,
lundi 2 janvier 2006 à 18:57 -
Editoriaux de Cine-directors.net
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Nous ne sommes bien évidemment pas là pour les compter où les énumérer tous, mais plutôt pour analyser ce phénomène, le mettre en lumière sans trop juger : la qualité où la médiocrité des films cités étant à remettre au jugement de chacun... un bon acteur fait-il forcément un bon réalisateur ? De quels éléments historiques disposons-nous ?
De Sylvester Stallone à Richard Berry en passant par les futurs représentants 2006 de ce phénomène (Michel Piccoli, George Clooney, PEF, Vincent Perez, Jean-Pierre Darroussin, Charles Dance, etc...) et tous ceux qui s'y sont frottés (M. Amalric, Ed Burns, A. Banderas, K. Spacey, B. Giraudeau, S. Marceau et tant d'autres), nous allons nous interroger sur ces ambitions délicates.
Commençons par définir le concept, histoire de recadrer le débat (déjà ?) et de ne pas s'égarer :
Ces quelques lignes, sans prétention, évoquent bien évidemment et uniquement les acteurs de métier et de longue date qui ont eu soudain envie de passer de l'autre côté de la caméra, pas de ces acteurs-réalisateurs qui sont plus ou moins tombés dans la potion quand ils étaient petits (les Charlie Chaplin, Woody Allen, Orson Welles et autres -entre autres- Claude Berri) et ont rondement mené une double carrière.
Non je parle de ces acteurs pur sang à la filmographie de réalisateur courte et timorée, de ces acteurs qui ont goûté la mise en scène avec plus ou moins de bonheur, avec plus ou moins l'envie de recommencer...Faisons l'impasse sur la période délicate du muet ou les hommes de cinéma était de véritables hommes-à -tout faire, et posons-nous d'emblée la question : quel grand acteur n'a jamais eu l'envie de faire son propre film ? Certains maitres ont franchi le pas, John Wayne (Les bérets verts), Anthony Quinn (Les boucaniers), Peter Ustinov (Billy Budd), Jean-Louis Trintignant (Le maitre-nageur) ou Alain Delon (Pour la peau d'un flic), pas tant que celà à vrai dire, mais peu d'entre eux ont laissé des films inoubliables en regard de l'histoire du 7ème art (qui se souvient des films sus-cités ?), des chefs-d'oeuvres unanimement acclamés.
Combien d'entre eux ont atteint la perfection d'un (La nuit du chasseur) (unique réalisation de Charles Laughton) ou la puissance reconnue d'un Braveheart (Mel Gibson) ?
Combien ont transformé leur superbe et déjà longue carrière d'acteur en carrière de réalisateur aimé et reconnu (Clint Eastwood -n'est-il pas devenu plus réalisateur qu'acteur ?) ? Combien resteront sans doute à jamais les réalisateurs d'un seul et unique bon film (Dennis Hopper, Kevin Costner... je vous laisse deviner de quels films il s'agit !) ?
Si l'on fait le tri, sans jugement personnel mais avec un peu de bon sens quant aux films publiquement connus ou critiquement reconnus, il me semble évident que de toutes ces tentatives, nombre d'entre elles passèrent au-dessus de nos têtes (qui se souvient des films réalisés par Emilio Estevez, Kiefer "24 H" Sutherland, ou Jeanne Moreau ?) et loin de nos yeux (combien de films de Brialy ou de Stevenin font suffisamment saliver l'audimat pour passer tous les ans à la télé ?), d'autres ne laissèrent que des miettes à la postérité (les films de Gainsbourg ou de Hanin sont-ils mémorables ?
Et ceux, dans un autre registre, de Leonard "Spock" Nimoy) Paul M. "Starsky" Glaser et d'autres encore laisse interrogateur.
Serait-il si difficile de pouvoir concilier les deux métiers au regard des différents aspects du cinéma qu'ils représentent, au regard des différents savoirs et savoirs techniques qu'ils impliquent ? Qu'un acteur ait acquis ce savoir au cours de nombreux tournages, ça va sans dire, mais quant à le transformer en un talent, un don allant au-delà de l'aspect purement technique, c'est autre chose... Car c'est de celà qu'il s'agit : un réalisateur ne s'improvise pas, il ne peut tromper son monde, celui des professionnels ; à la limite, aidé d'un solide scénario, il peut s'accorder les faveurs du public (comment sera considérée la carrière de réalisatrice de Josianne Balasko ou de Joan Chen dans 50 ans ?), aidé par une renommée, il peut monter un film (Melvin "fils de" Van Peebles ou encore Jean-Marc Barr ?). Bref, tout celà pour dire que le public n'est qu'à demi-dupe, que les producteurs sont certainement assez rétissants (???), que les acteurs eux-mêmes craignent sans doute un peu ce virage délicat (Jack Nicholson n'a rien réalisé depuis 15 ans, Depardieu n'a jamais réitéré sa démarche -pas le temps !!!-, Schwarzenegger a préféré la politique...) et que, tout simplement, tous ne se voient pas dans la peau du metteur en scène... De toutes façons, les acteurs préfèrent de toutes évidences se cantonner à leur magnifique métier (peu d'entre eux passent à l'acte finalement et encore moins se construisent une double carrière) et je crois sincèrement que, hors mis un double salaire sur lequel on ne crache pas, tout est question d'opportunité pour eux ; à moins que celà leurs servent de défouloir (Robert Hossein ?).
Bon allez : le mois prochain on fait le contraire : les réalisateurs devenus acteurs (Kusturica, C. Reiner...) ; mais non : je plaisante !!!
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