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Titanic,
le film de James Cameron : analyse
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a
propos
de l'interprétation de Titanic de James Cameron.
Analyse de film
I. Introduction
Les difficultés
concernant l'adaptation cinématographique d'un sujet comme le naufrage
du Titanic sont nombreuses, mais facilement identifiables. Avec un budget
plus que confortable(1) et des collaborateurs hors pairs, on peut néanmoins
envisager les aléas matériels et logistiques avec sérénité.
Ce n'est pas le cas des problèmes scénaristiques, qui se
résument en un seul obstacle majeur et incontournable : comment
innover par rapport à une histoire aussi célèbre
? Comment contourner les connaissances antérieures du spectateur
pour lui présenter un récit nouveau ? Car le public, dans
sa grande majorité, connaît déjà le mythe du
Titanic. Il l'a absorbé depuis son enfance, grâce aux histoires
populaires, aux livres et aux films qui traitent du naufrage. Il a ainsi
créé dans son esprit sa propre reconstitution du drame.
Il s'est en quelque sorte improvisé réalisateur bien avant
que Cameron ne donne le premier tour de manivelle. Pour y parvenir,
le metteur en scène va travailler son film sur deux niveaux distincts
: un premier niveau narratif qui concerne l'histoire réelle du
Titanic et l'histoire fictionnelle des deux amants que Cameron y a ajoutée
; et un second niveau, enfoui sous le premier : celui qui va lier ces
deux récits et les manipuler de façon à ce qu'ils
fusionnent progressivement, pour ne devenir au final qu'une seule histoire,
propre au film (2). Et c'est
en cela que Titanic, sous son aspect de grosse machine commerciale, est
un film plus subversif qu'il n'y paraît. Le travail sous-jacent
que son auteur doit fournir pour faire fonctionner son récit l'invite
à s'approprier la structure classique de la narration pour mieux
la contrôler, en fonction des impératifs scénaristiques.
Bien évidemment, ces manipulations ne doivent pas êtres perçues
par les spectateurs. Elles sont donc parfaitement dissimulées dans
la narration, mais elles opèrent en permanence pour soutenir le
récit premier, pour qu'il puisse fonctionner malgré les
obstacles qui lui sont inhérents. Devant un
film (apparemment) aussi classique dans sa construction que Titanic, nul
besoin de procéder à une déconstruction par thèmes
; d'ailleurs, la structure thématique et la structure narrative
adoptent le même schéma. Il semble donc plus judicieux de
suivre la trame du film en extrayant de chaque séquence sa thématique
principale, pour tenter de voir, au final, le tableau que celles-ci composent.
II. Première partie : de Halifax à Southampton
a. Pre-générique Des images,
apparemment tournées avec une caméra d'époque, montrent
le bateau au départ ainsi que des gros plans sur les passagers.
Cette première séquence tranche nettement avec l'imposant
logo 20th Century Fox (ou Paramount, en fonction de la zone géographique
d'exploitation) qui la précède. Déjà, Cameron
annonce le ton avec sa mise en scène (et la symbolique qu'elle
véhicule) : il nous présente le bateau dans un cadre qui
se veut authentiquement d'époque, mais qui, quatre vingt quatre
ans plus tard, est perçu inconsciemment comme un dispositif nostalgique.
Bien sûr, il ne s'agit pas ici d'images d'archives, mais de plans
tournés spécialement pour cette séquence. Néanmoins,
la façon dont un cinéaste choisit de nous faire entrer dans
son film n'est jamais innocente, ni pour lui, ni pour son public , et
Cameron en profite pour ébranler dès le début les
préconceptions du spectateur : oui, semble-t-il nous dire, vous
êtes venus ici pour assister à la reconstitution d'un fait
historique universellement connu, que l'on va vous représenter
avec le plus grand degré de fidélité possible. Mais
ne vous y méprenez pas ; ces mêmes procédés
(narratifs, techniques) qui vont nous servir à vous faire entrer
dans ce film, sont autant de facteurs de distanciation par rapport à
la réalité de ce qui s'est vraiment passé. Après
tout, nous sommes au cinéma, où il faut manipuler la vérité
en permanence pour la transformer en authenticité affective acceptable
par les spectateurs. Nous n'allons donc pas vous montrer les événements
comme ils se sont exactement déroulés, mais au contraire
nous allons vous en donner une version altérée, qui correspond
plus à ce que nous imaginons que les personnes impliquées
à ce drame ont du ressentir à ces moments là, qu'à
ce qui est supposé s'être réellement passé.
Bref, nous vous invitons à un voyage, où un " vaisseau-regard
" (l'appareil cinématographique) va se superposer au "
vaisseau-thème " du film (le R.M.S Titanic).
b. Générique / l'épave Dans un fondu
enchaîné, l'image vire du sépia des films muets au
bleu-noir de l'océan, où apparaît le titre. Puis,
deux taches de lumière attirent notre attention dans cette pénombre
maritime. Elles se révèlent être les faisceaux de
deux sous-marins Mir qui se dirigent vers les profondeurs de l'océan,
nous emmenant avec elles vers le trésor qui y gît. Le regard
du spectateur ne peut que suivre ces points lumineux, qui l'entraînent
vers le ce qui va constituer le point nodal du récit. Comme il
l'a fait lui-même avec son équipe de tournage en septembre
1996, Cameron nous demande de plonger à la recherche du véritable
Titanic et de sa réalité enfouie, et de partager ainsi sa
propre expérience
Pour
découvrir l'intégralité de ce mémoire consacré
au film Titanic, Mémoire
écrit par TDX
- Les photos utilisées dans cette articles sont la propriété exclusive de 20th century Fox. Page
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