Si les grandes règles de la dramaturgie sont universelles, la fiction télévisuelle impose ses propres codes et contraintes narratives. Sur le fond tout d'abord, les histoires racontées sont sensiblement différentes de celles que l'on peut voir sur grand écran.

La télévision est le média de proximité par excellence, presque tous les foyers en sont équipés.

Le public est donc extrêmement vaste, mais il varie selon les jours de la semaine et les tranches horaires, selon les chaînes aussi. Les auteurs qui travaillent pour la télévision sont obligés de tenir rigoureusement compte des spectateurs ciblés et des exigences des diffuseurs. En bref, les thèmes abordés doivent trouver une véritable résonance avec les mentalités et les préoccupations actuelles de la société. Cela ne veut pas dire pour autant que les sujets polémiques ou trop graves soient les bienvenus…

1) Le téléfilm

L'unitaire

C'est la forme la plus proche du film de cinéma. Il s'agit d'une histoire " individuelle ", celle d'un personnage (ou d'un groupe) que le spectateur n'a jamais vu auparavant et qu'il ne reverra pas par la suite. L'intrigue a une structure en trois actes, comme pour un film de cinéma, avec un début, un milieu et une fin. La seule contrainte particulière de ce type de fiction est sa durée : 90 minutes, même si elle a tendance à s'étendre à 100 minutes. Les thèmes abordés illustrent la majeure partie du temps des faits de société : grèves, chômage, divorce, familles recomposées, parents célibataires…

Certaines chaînes, en particulier M6, regroupent plusieurs unitaires en collections, chaque collection traitant d'un genre, ou d'un thème. Prenons l'exemple de la collection " Vertiges ", chaque téléfilm décline la même idée de base : une jeune femme, la trentaine, qui vit en milieu urbain, se trouve soudainement menacée. La collection " Carnets d'ados ", toujours sur M6, regroupe des téléfilms qui traitent de divers aspects de l'adolescence. Pour conclure, la collection " Combats de femmes " regroupe des histoires mettant en scène une femme, luttant contre un aspect de la société (le monde de l'entreprise, les préjugés…) ou essayant de faire face à un événement traumatisant (deuil, maladie, viol…).

La mini-série

On pourrait la définir comme un long unitaire scindé en deux parties (plus rarement en trois, voire quatre). Chacune des parties dure 90, voire 100 minutes. C'est une forme qui s'applique particulièrement bien à une histoire se déroulant à une autre époque, parce qu'elle permet de traiter le sujet plus en profondeur, dans un contexte plus précis, détaillé. France 2 et France 3 proposent régulièrement ce genre d'œuvres, on pourrait citer par exemple " L'enfant des lumières " (France 2) dont l'intrigue avait pour toile de fond la Révolution Française.

La mini-série est un format tout à fait adapté à l'adaptation littéraire. TF1 propose régulièrement ce genre d'Å“uvres, toujours à partir de romans célèbres : " Les Misérables ", " Le comte de Monte-Cristo ".

Sur vos écrans en septembre 2003 :"Les liaisons dangeureuses" de Josée "Générale" Dayan.

A noter la récente adaptation de " Mausolée pour une garce " de Frédéric Dard, proposée par France 3, ou " Rastignac ou les ambitieux " (France 2), très librement adapté de l'œuvre de Balzac.

Copyright©Nathalie Lenoir 2002

 

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