Note de l'éditeur:

Please Kill Me est le fruit (vénéneux) de centaines d’heures d’entretien avec ceux qui ont animé l’un des mouvements culturels et musicaux les plus détonants de la fin du vingtième siècle, le punk-rock américain. Réalisé sous forme de montage nerveux, extrêmement vivant et souvent impitoyablement drôle ou tragique, ce livre où c’est rarement pour s’accorder que les voix se répondent nous offre une plongée incroyable dans la vie quotidienne pleine de bruit et de fureur, de drogues, de catastrophes, de sexe et de poésie (parfois) du Velvet Underground, des Stooges d’Iggy Pop, du MC5, des New York Dolls et des Heartbreakers de Johnny Thunders, de Patti Smith, de Television, des Ramones, de Blondie et de dizaines d’autres. Avec leur gouaille et leur verve redoutables ou leur humour pince-sans-rire, ce sont eux-mêmes qui ressuscitent pour nous les anecdotes les plus délirantes des différentes époques de leur vie, font revivre personnages attachants et/ou détestables, (avec des scènes d’anthologie à tous les chapitres) à tel point qu’on a l’impression de partager avec eux ce quotidien insensé de galères en tout genre, qu’on étouffe de rire à l’évocation des frasques d’Iggy Pop déchaîné ou d’un impayable Dee Dee Ramone ou qu’on ravale ses larmes à celle de la fin calamiteuse d’un Johnny Thunders ou d’un Jerry Nolan. L’enchaînement irrévérencieux des points de vue provoque des effets comiques souvent irrésistibles, puisque ici, comme l’indique le sous-titre, aucune censure n’a cours : les amitiés indéfectibles côtoient les antipathies persistantes et les amours explosives (Connie et Dee Dee, Sid et Nancy), mais personne ne semble avoir la moindre honte à dévoiler ce qui fut bien souvent un mode de vie extrême, disons extrêmement rock’n’roll, moins centré sur l’image que la scène anglaise du même nom et dédié avant tout à une certaine forme d’innocence paradoxale, refusant aussi bien les idéaux peace and love éculés des années 60 que la culture de l’argent-roi qui se profilait avec l’arrivée des années 80, mais une innocence qui verse un lourd tribut à ses excès (overdoses, coups de couteau, prostitution) et manipule la dérision comme une arme de destruction massive. Please Kill Me se lit comme un roman à plusieurs voix, rapide à couper le souffle comme une chanson des Ramones.




''Please Kill Me «L'histoire non censurée du punk racontée par ses acteurs»'', Legs McNeil et Gillian McCain, éd. Allia, traduit de l'américain par Héloïse Esquié, 624 pp., 25 €.

Je vous invite d'autre part à lire le dossier que le site de France 2 vient de consacrer au mouvement Punk: Mémoires Punk, 1976-2006.
Outre un petit historique du Punk, une playlist et une revue du documentaire "Punk attitude" de Don Letts, vous pourrez y lire des extraits de "Please, kill me" et une interview de ses auteurs.

 

Article précédent : Sortie de Doggy Bag saison 2
Article suivant : La Gazette n°27 est en kiosques!
Lien permanent (permalink) :