Sur les chaînes privées, une progression de la fiction

TF1 et M6 ont, l'une comme l'autre, réduit fortement leur programmation d'émissions de divertissement au profit de la fiction.
M6 a programmé moins de jeux de télé-réalité. TF1, pour sa part, a plutôt diminué son offre de jeux de format classique, ainsi que son volume de variétés, notamment en première partie de soirée, et de divertissements. En revanche, la chaîne a maintenu son offre de jeux de télé-réalité.
La fiction a bénéficié de 145 heures supplémentaires sur M6 et a augmenté de 170 heures sur TF1. Cette évolution a principalement bénéficié à la fiction d'origine étrangère, notamment américaine.

Sur M6, on constate cependant que, dans la tranche 18 h / 23 h, la fiction américaine tend à régresser au bénéfice de la fiction européenne et principalement de la fiction française. Celle-ci représente 20,2 % de l'offre de fiction sur cette tranche en 2005 contre 18 % l'année précédente, grâce aux importants volumes horaires des séries diffusées en avant-soirée telles que Kaamelot, Caméra Café, Léa Parker, ainsi que l'adaptation de la série espagnole Faites comme chez vous.

Sur TF1, la fiction étrangère a progressé de 103 heures dans l'ensemble de la journée et de 55 heures aux heures de grande écoute. En effet, alors que les fictions de première partie de soirée de TF1 étaient depuis 1995 consacrées à des oeuvres généralement françaises, elles ont fait place à plusieurs séries américaines telles que Les Experts Miami - à partir du mois de mai - ou Lost les disparus- en juillet et en août - . De nombreuses autres séries américaines ont été déplacées pour être programmées aux heures de forte audience - 7 à la Maison et Monk - et d'autres se sont installées en avant-soirée - Méthode Zoé, New York Police judiciaire-.

Sur FRANCE 2, FRANCE 3 et FRANCE 5, une programmation stable

La programmation de FRANCE 2 et de FRANCE 3 se caractérise par un bon équilibre entre les différents genres de programmes. Sur FRANCE 2, les quatre genres principaux que sont la fiction, l'information, les magazines et documentaires ainsi que les divertissements représentent chacun environ 20 % de la programmation, proportion identique aux heures de grande écoute et sur l'ensemble de la diffusion. Sur FRANCE 3, cet équilibre est notable dans la tranche 18 h / 23 h, où ces quatre genres sont bien représentés. Les documentaires et magazines qui occupent la première place ne dépassent pas 23 % de l'offre, suivis à parts égales par la fiction et l'information.

La composition de la grille des deux chaînes reste stable par rapport aux années précédentes même si, sur FRANCE 3, deux genres de programmes sont en régression : le sport et les divertissements. La fiction française, avec le feuilleton "Plus belle la vie", est venue occuper la case auparavant réservée au sport ou aux divertissements.

FRANCE 5 consacre une part prépondérante de sa grille aux documentaires et aux magazines - plus de 70 % de sa programmation - et le passage à une diffusion 24 heures sur 24 n'a pas entraîné de modification dans ce domaine : à 20:40, la chaîne propose en effet un documentaire ou un magazine.

La diffusion, à partir de mars 2005, de FRANCE 4 a permis au groupe public de développer l'éventail de ses programmes. Aux côtés de deux chaînes généralistes dont une à dimension régionale et d'une chaîne consacrée à la découverte, FRANCE 4 doit "renforcer l'offre culturelle, artistique et de spectacles vivants". Il lui est en outre demandé d'"exposer la création audiovisuelle française et européenne", de "développer la création audiovisuelle et de favoriser l'innovation" - Extraits du cahier des missions et des charges de FRANCE 4 -.

FRANCE 4 est une chaîne destinée aux jeunes adultes : "Par son contenu et sa programmation, elle vise au rajeunissement de l'audience des télévisions publiques". Il est explicitement demandé "une attention particulière pour les jeunes adultes" - Extraits du cahier des missions et des charges de FRANCE 4 -.

Dans le contenu même des émissions, FRANCE 4 a choisi de privilégier les nouvelles formes artistiques plutôt que les expressions patrimoniales classiques - littérature, danse, art lyrique - . Cependant, compte tenu de la diffusion exclusivement numérique de FRANCE 4, qui ne touche à l'heure actuelle qu'une partie du territoire, l'apport de cette nouvelle chaîne publique ne peut exonérer FRANCE 2 et FRANCE 3 d'une meilleure exposition des émissions culturelles. Celles-ci sont toujours diffusées tardivement, à la seule exception, sur FRANCE 2, d'une pièce de théâtre - "Un Fil à la patte" de Georges FEYDEAU - , interprétée par les animateurs de la chaîne et diffusée à 20:50.

La complémentarité entre les chaînes publiques s'est manifestée particulièrement dans les domaines des programmes jeunesse et du sport.

En matière de programmes jeunesse, chacune des chaînes publiques s'adresse à un public déterminé :

  • FRANCE 5, aux enfants d'âge préscolaire
  • FRANCE 3, aux enfants de 6 à 12 ans
  • FRANCE 2, aux adolescents


Le Conseil regrette cependant la suppression, sur FRANCE 3, du seul magazine d'information destiné aux jeunes enfants - "Mon Kanar" - et la forte progression de la part des dessins animés étrangers, qui représentent presque 50 % des dessins animés proposés. Il relève également, sur FRANCE 5, la part minoritaire des programmes d'expression française destinés aux tout-petits - 27 % - , ce qui s'explique, certes, par une relative rareté des programmes français destinés au public préscolaire. Cependant, une politique d'investissement volontariste de FRANCE 5 permettrait de remédier à cet état de fait.

OBLIGATIONS DE DIFFUSION

  • Å’uvres cinématographiques


Les chaînes doivent respecter, sur l'ensemble de la diffusion ainsi qu'aux heures de grande écoute, un quota de diffusion de 60 % pour les oeuvres cinématographiques européennes et de 40 % pour les oeuvres cinématographiques d'expression originale française - EOF -.

L'exposition du cinéma à la télévision a progressé de presque 10 % en 2005, en raison de la programmation cinématographique de FRANCE 4 à partir du 31 mars.
Les quotas de diffusion d'oeuvres cinématographiques ont été respectés par l'ensemble des chaînes. Les taux de diffusion d'oeuvres européennes et d'expression originale française apparaissent relativement stables, excepté sur FRANCE 3 où l'on constate une légère diminution.

  • Å’uvres audiovisuelles


L'ensemble des chaînes ont respecté de manière satisfaisante leurs obligations de diffusion d'oeuvres audiovisuelles européennes et d'expression originale française, qui s'élèvent à des taux respectifs de 60 % et de 40 %, sur l'ensemble de la diffusion comme aux heures de grande écoute.

Les chaînes publiques parviennent, dans ces deux domaines, à des niveaux particulièrement élevés, notamment pour les oeuvres européennes qui dépassent de 10 à 20 points le seuil réglementaire.

En revanche, on remarque sur TF1 une baisse de 10 points des oeuvres EOF aux heures de grande écoute - 62 % des oeuvres diffusées dans cette tranche horaire en 2004, 52 % en 2005 - , pourcentage qui reste cependant très au-dessus du seuil réglementaire.

PRODUCTION AUDIOVISUELLE ET CINEMATOGRAPHIQUE

  • Production cinématographique


Les quatre chaînes ont respecté leurs obligations de contribution à la production cinématographique. Cette contribution a augmenté de 6,354 millions d'euros par rapport à celle de 2004, ce qui représente un apport supplémentaire de plus de 5 % de la part des chaînes hertziennes historiques diffusées en clair à la production cinématographique européenne.

  • Production audiovisuelle


Les chaînes ont respecté leur obligation de contribution à la production d’œuvres audiovisuelles et la part de cette obligation aux oeuvres inédites et aux oeuvres indépendantes. En tout, ce sont 696 millions d'euros qui ont été investis, en progression de 7 % par rapport à l'exercice 2004 (656 millions d'euros) 94 % du total - ont été investis dans la production inédite.

La répartition des investissements par genre montre que les chaînes ont accru leurs dépenses dans la fiction - +36 millions d'euros - et les documentaires - +12 millions d'euros - au détriment du divertissement et des magazines - - 8 millions d'euros - .

En ce qui concerne la fiction, la progression s'observe sur toutes les chaînes. Néanmoins, TF1 est la chaîne qui a consenti les plus gros effort avec une participation financière supplémentaire de 20 millions d'euros qui a surtout bénéficié aux achats et rachats de fictions d'expression originale française.

L'augmentation des dépenses pour les documentaires et l'animation s'observe de façon équilibrée sur toutes les chaînes. La diminution des dépenses de production de magazines est le fait quasi exclusif de M6.

Enfin, on relève que l'arrivée de FRANCE 4 a profité en large part aux spectacles vivants inédits.

Vous pourrez consulter l'intégralité de ce rapport sur le site du CSA.

 

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