La Presse, les politiciens, les financiers, les bloggers, tout le monde l'emploie. L'expression "not so much", que l'on pourrait traduire par "pas tant que ça" sans toutefois témoigner de sa forte connotation cynique, est sur toutes les bouches, et même au bout des "plumes"!
C'est la série ''Buffy the vampire slayer'', créée par le scénariste Joss Whedon, qui a intronisé ce jeu de mot. Le phénomène prend une telle ampleur que des linguistes y consacrent des études.

Dans un article du Chicago Tribune, daté du 9 novembre 2006, intitulé "Like the latest catchphrase? Not so much", Daniel Weiss analyse cette contagion dont il situe l'origine aux années 90, quand des sitcoms comme Senfield ou Friends ont inventé tout un pannel d'expressions que le public a instantanément adopté. Mais c'est Buffy qui a fait du néologisme une véritable philosophie, une quantité de ses trouvailles sont passées dans le langage courant... et y sont restées! L'auteur a notamment interviewé Michael Adams, professeur d'anglais à l'Université d'Indiana et auteur de l'ouvrage "Slayer Slang: A Buffy the Vampire Slayer Lexicon".

La France semble échapper à ce phénomène, et ce pour une raison simple: la piètre qualité des traductions des fictions anglo-saxonnes. Ceux d'entre vous qui regardent les séries télévisées en VO savent de quoi je parle...

Sous les dehors anecdotiques de ce phénomène linguistique, il illustre le talent de dialoguistes des scénaristes américains. Si l'on critique souvent le mercantilisme du système hollywoodien, force est de constater que, quand on consacre un véritable budget à l'écriture, le résultat s'en ressent...

 

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