PERSONNE, PERSONNAGE: Être et Devenir dans l'expérience documentaire.
Par Nathalie Lenoir,
mercredi 10 janvier 2007 à 13:09 -
Festivals, conférences, séminaires
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L'ADDOC, Association des cinéastes documentaristes, organise un chantier public mensuel à l’école des Beaux-Arts. La première séance aura lieu le mercredi 17 janvier à 18h30.
Première séance : Chronique d'un été, un film de Jean Rouch et Edgar Morin
« Il reste à l’auteur la possibilité de se donner des « intercesseurs », c’est-à -dire de prendre des personnages réels et non fictifs, mais en les mettant eux-mêmes en état de « fictionner », de « légender », de « fabuler ». L’auteur fait un pas vers ses personnages, mais les personnages font un pas vers l’auteur : double devenir. » Deleuze, l’image-temps.
Présentation de l’atelier
Au moment où le cinéma documentaire nous semble remis en question et maintenu dans la confusion par la machine médiatique et télévisuelle, la nécessité s’impose à nous de réactiver un espace critique susceptible d’explorer la puissance d’un cinéma documentaire qui s’attache sans relâche à renouveler ses formes et son mode de présence au monde.
Nous proposons de nous installer à l’école des Beaux-Arts afin d’expérimenter de nouvelles alliances. Avec un ancrage plus contemporain, nous ouvrons un « chantier public » mettant au travail des regards croisés et des interactions entre les arts.
Ni conférence, ni séminaire, ni cérémonial cinéphilique, le « chantier public » est un espace de travail pour tous ceux qui y participent, un espace susceptible d’articuler partage du sensible et réflexion formelle, lien au monde et attention à la pensée du cinéma. Ce qui signifie constamment une circulation entre ce qui occupe nos existences et ce qui nous occupe en cinéma, un va-et-vient entre l’être-au-monde et l’être-au-cinéma.
En ce sens, penser la Personne et le Personnage dans l’expérience documentaire nous a semblé d’emblée un chantier potentiellement riche de tous les va-et-vient possibles entre le monde et son double (l’œuvre).
Certes, on peut régler la question par une définition simple, — d’un côté la personne, l’être de chair, de l’autre le personnage, l’être de lumière et d’ombre —, mais ça serait une mauvaise blague. Car au-delà de ce constat substantialiste, il n’y aurait plus rien à dire.
Pourtant, la question demeure centrale, car elle pointe notre rapport au monde, mais aussi l’acte même de filmer dans l’expérience documentaire. Est-il, par-delà la captation, recherche d’une re-présentation appréciable en degrés d’authenticité ou de véracité ? Est-il, par-delà la singularité du filmeur, une pensée du monde ayant pour souci la cristallisation des questions dans le flux des images ?
Il y a sans doute urgence à repenser le Sujet dans un monde où le « je » (individuel) prime sur le « nous » (singulier), où l’individualité envahie la représentation. Il y a urgence à repenser un cinéma documentaire qui ne serait pas une présentation d’un sujet (d’une histoire), une re-présentation du sujet filmé et/ou du sujet filmeur, mais production d’un Sujet en devenir.
Chronique d'un été de Jean Rouch et Edgar Morin (1961, 90min)
Pendant l’été 1960, Edgar Morin et Jean Rouch vont enquêter sur la vie quotidienne de jeunes parisiens pour tenter de comprendre leur conception du bonheur. Très vite autour de la question initiale, « comment vis-tu ? es-tu heureux ? » apparaissent des questions essentielles , la politique, le désespoir, l’ennui, la solitude... Le groupe interrogé lors de l’enquête se retrouve finalement autour de la première projection du film, en discute, l’accepte ou le rejette ; les deux auteurs se trouvent face à cette expérience cruelle mais passionnante de « cinéma-vérité ».
Entrée libre
Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts
14, rue Bonaparte
75006 Paris
Métro: Saint Germain
Pour tout rensignement complémentaire, contactez l'Addoc
Association des cinéastes documentaristes
14, rue Alexandre-Parodi
75010 Paris
Tél: (+33) (0) 1 44 89 99 88
Fax: (+33) (0) 1 44 89 89 11
courrier@addoc.net
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