Dossier : "Sur la trace des héros"

  • Qui veut jouer les héros?
  • La traque du bien et du mal
  • 50 ans d’héroïsme au cinéma
  • Héros US : une affaire de famille
  • Héros, reflets des nations
  • Héros du réel, des docs et en toc
  • Ceux qu’on n’entend pas…
  • Comment créer son héros?


Et aussi au sommaire de ce numéro:

Scénaristes en action : Création et fiction française / Festival d’Annecy

Marchés : Innovation, j’écris ton nom… / Les États généraux de TF1

Scénaristes au travail : Munz et Bitton, duo multicarte

Success story : Samantha, oups! Les blondes ne comptent pas pour des prunes

Les grands maîtres : Jean Aurenche, un écrivain de cinéma

Dans la peau de… Cédric Klapisch, ce qui le meut…

et toujours les chroniques livres, DVD et les prochaines sorties cinéma.

Editorial :
Le héros lave plus blanc

Il n’y a pas si longtemps, nous avions tous une vision angélique du héros.Des héros, nous en avions plein notre enfance, des Petit Poucet, des Zorro, des Platini ou des Patrick Dewaere. La vie réelle, surmédiatisée et « pipolisée », nous a fourni des héros en chair et en os : des prisonniers – Mandela ou Bétancourt–, des commandants –Cousteau ou Massoud–, des bienfaiteurs –Teresa ou Pierre –, des médaillés quasi muets – Zidane ou Manaudou. Aujourd’hui, le monde a abandonné les schémas cardinaux qui entretenaient nos peurs. La menace est plus trouble, larvée, sournoise. Et nos héros inventés sont fissurés par la complexité de leurs principes bouleversés : ils s’appellent Dexter ou Jack Sparrow, Spiderman ou Brice de Nice et franchissent souvent la ligne jaune. Même James Bond le surhumain est devenu humain !
Nos héros ont tant changé qu’ils en ont perdu leur fonction première : rassurer. Alors, pour rassurer le public, les chaînes demandent aux scénaristes d’inventer non plus des personnages emblématiques mais des… «marques». Des héros de confiance dont le but serait de faire vendre de l’Audimat et du ticket de cinéma à 9 ou 10 euros, et accessoirement de sauver le monde. Qu’en pense-t-on au sein de la « Sainte Trinité » rassemblant le scénariste, le réalisateur et le producteur ? Que diffuseurs et distributeurs, acteurs ambivalents de l’histoire car tenus par l’autre sacro-sainte économie de marché, ne sont pas les D’Artagnan attendus, et qu’à force de souffler sans vergogne sur les scénarios, ils ressemblent de plus en plus au loup des Trois Petits Cochons…
Laurent Mersier



La Gazette des Scénaristes est un trimestriel, 100 pages, tout en couleurs, vendu 7,50 euros dans tous les bons kiosques et sur le site des éditions Dixit

 

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