Des news de la grève des scénaristes
Par Nathalie Lenoir,
vendredi 11 janvier 2008 à 10:32 -
Actualités
-

Les membres de la Writers Guild of America sont en grève depuis le 5 novembre et les négociations avec l'Alliance of Motion Picture and Television Producers sont toujours dans l'impasse. Alors que les Golden Globes viennent d'être annulés, un petit bilan de la situation s'impose.
Comme il fallait s'y attendre, la grève des scénaristes américains est en train de paralyser toute l'industrie hollywoodienne. Les négociations avec la toute puissante Alliance of Motion Picture and Television Producers ont été rompues le 7 décembre dernier et chaque partie rejette sur l'autre, par voie de presse, l'impossibilité de trouver un accord.
Soutenus dans leur combat par la Directors Guild of America et la Screen Actors Guild, qui sont toutes deux sur le point de renégocier leurs propres accords avec les Studios, les membres de la Writers Guild of America viennent d'obtenir, par un boycott massif, l'annulation de la cérémonie de remise des Golden Globes. Cette édition 2008 sera remplacée par une simple conférence de presse. Il est fort probable que la prochaine cérémonie des Oscars, programmée pour le 24 février, subisse le même sort...
Rappelons qu'outre-Atlantique, pour avoir l'autorisation de travailler, tous les scénaristes, réalisateurs, acteurs ou techniciens doivent être syndiqués et qu'ils sont contractuellement obligés de suivre les décisions votées au sein de leurs guildes respectives. Dans le cas présent, c'est ce qui fait la force de la WGA dans ses négociations avec l'Alliance of Motion Picture & Television Producers. Les scénaristes du monde entier, via leurs guildes, soutiennent les revendications de leurs confrères américains et se sont engagés à refuser d'éventuelles négociations avec les grands studios.
Selon l'Alliance of Motion Picture & Television Producers, à la fin de l'année 2007, la grève des scénaristes avait déjà coûté cent-cinquante et un millions de dollars, elle dénonce dans la presse la mauvaise volonté des dirigeants de la WGA, et les accuse de menacer par leur entêtement des milliers d'emplois. Certaines revues professionnelles ont à ce sujet été pointées du doigt pour leur manque de neutralité dans l'affaire. Variety, véritable bible de l'industrie hollywoodienne, a été accusée à plusieurs reprises de parti-pris, notamment par Lee Goldberg, tandis que John August s'en prend au New York Times. Pour avoir une idée plus précise de l'ambiance qui règne en terre d'Hollywoodland, je vous recommande la lecture de ces quelques billets et articles:
- Is Variety publishing lies?
- Variety wrong again
- Variety survey
- On horseshit, and the New York Times
- Surveying the damage
- Warner sets layoffs due to strike
- WGA strike causes pay-cuts at ICM
- Indies wait on WGA deals
Si les piquets de grève font toujours le siège des Studios, si le tournage des séries télévisées est toujours gelé, faute de scripts, si la cuvée 2009 de blockbusters demeure virtuelle, faute d'auteurs sous contrat, il y a eu ces derniers jours une mini-révolution dans l'univers des talk-shows, l'un des premiers à être frappé de plein fouet par la grève. La WGA a passé avec Worldwide Pants, la société de production de David Letterman, un accord exceptionnel afin que ses deux talk-shows, The Late Show With David Letterman et The Late Late Show With Craig Ferguson, puissent revenir à l'antenne. De nombreux techniciens pourront ainsi garder leur emploi.
Un accord similaire a été signé avec United Artists, studios indépendant créé par Charles Chaplin, Mary Pickford et DW Griffith afin justement de s'affranchir du diktat des grands studios, compagnie désormais aux mains de Paula Wagner et Tom Cruise. Un contrat a également été conclu avec la compagnie Weinstein au sujet de Dimension Films. Selon la presse, ces accords risquent de casser la grève mais la direction de la WGA estime au contraire qu'ils serviront de "cheval de troie" pour forcer les grands studios à abdiquer.
Les grands studios quant à eux font des économies de bout de chandelle. Tandis que certains d'entre eux fouillent dans leurs caves à la recherche de projets refusés qu'ils pourraient tourner sans retouche, l'Alliance of Motion Picture and Television Producers vient de mettre fin à de nombreux deals de "first look", accords par lequels un studio achète à un auteur ou acteur-producteur en vogue un droit de regard exclusif sur tous ses futurs projets.
Contrairement à ce que prétend l'AMPTP, la WGA est désireuse de retourner à la table des négociations, d'autant que la plupart de ses membres n'ont pas des revenus assez conséquents pour ne pas souffrir de cette grève illimitée. Ils ne sont pas prêts pour autant à renoncer au respect de leurs droits, notamment une juste rétribution pour la diffusion de leurs oeuvres sur les nouveaux supports (Internet, téléphones mobiles...). Espérons que l'entrée en scène des réalisateurs et des acteurs permettra de faire pencher la balance du bon côté...
Copyright©Nathalie Lenoir 2008
Article précédent : Brèves scénario
Article suivant : Golden Globes 2008: les lauréats
Lien permanent (permalink) : # 593
Digg it!
del.icio.us it!
Blogmark it!
Ajouter à mes favoris Technorati







